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L’IMOCA D'Ieteren Group sur la route du Café

Le duo belge Denis Van Weynbergh et Gilles Buekenhout est enfin parti sur la 16ème édition de la Transat Jacques Vabre-Normandie Le Havre à bord de l’IMOCA D’Ieteren Group.

Un départ retardé

Le Dimanche 29 Octobre, l’annonce de la tempête Ciaran a maintenu à quai les concurrents de la classe Imoca.

Au vu des conditions dantesques annoncées, Denis a doublé sa vigilance en restant à bord de D’Ieteren Group pendant plus d’une semaine.

“J’ai eu jusqu’à 56 nœuds de vent au ponton. Il n’y a pas eu de casse sur le bateau. Beaucoup de monde est resté dormir à bord. On s’est croisé dans la tempête à resserrer les amarres ou remettre un pare battage.”

Ce Mardi 7 Novembre à 9h30 la flotte des IMOCA s’est enfin élancée sur la Transat Jacques Vabre.

Un duo belge très complémentaire

C’est une course mythique qui attend Denis Van Weynbergh et Gilles Buekenhout sur l’IMOCA D’Ieteren Group. Également appelée Route du Café, cette année elle fête ses 30 ans avec 190 marins de 17 nationalités ont répondu présents pour cet événement.

Denis a déjà participé par deux fois à la Transat Jacques Vabre. Une première en Class40 et une deuxième sur ce même IMOCA avec Tanguy Le Turquais.

“C’est la première fois que je fais trois fois la même course sur un format transatlantique comme celui-ci. C’est une autre approche par rapport à l’événement. Je connais bien les lieux et le mode de fonctionnement de l’organisation, cela me facilite la tâche dans toute la préparation” raconte Denis.

Gilles, de son côté, fait partie des bleus : “C’est une superbe expérience pour moi de passer du multicoque à ces superbes machines que sont les IMOCA. J’appréhende cette course avec une belle tranquillité. Denis connaît bien son bateau, je vais être son second et je vais être à son écoute pour lui apporter tout ce que je peux avec beaucoup de plaisir.”

C’est sur cette diversité que notre tandem compte s’appuyer pour optimiser au maximum cette épreuve en double. “Pendant la transatlantique, l’idée est de collaborer ensemble. Gilles a une belle expérience en multicoque, ce qui lui permet d’avoir une résistance au stress particulièrement importante. Son calme et sa maturité seront un plus pour moi” explique Denis. Même dynamique du côté de Gilles qui fait ses premiers pas sur le circuit IMOCA : “En double, c’est du faux solo. C’est lui le maître à bord mais quand Denis dormira ou se reposera il ne sera pas présent donc je serai ses yeux, ses mains et son cerveau pour faire avancer le bateau le mieux possible et prendre les bonnes décisions.”

Un parcours raccourci

En raison du départ retardé, c’est sur un parcours raccourci de 3 750 milles nautiques que la flotte s’est élancée en ce début de semaine.

La flotte s’engagera dans une sortie de la Manche, dont le trafic et le courant en font la réputation, pour descendre ensuite le long de la côte Atlantique française. “La sortie de Manche est toujours compliquée, comme pour la Route du Rhum, cette partie est difficile. La mer est cassante, le vent est de face et il y a beaucoup de bateaux autour de nous. Il faut être vigilant, la nuit tombe vite, c’est une partie que l’on peut redouter car le risque d’entrer en collision est réel” raconte Gilles.

Les premiers jours de course seront marqués par le fameux passage du Golfe de Gascogne, suivi de la Corogne au large de l’Espagne. “Le passage au niveau de la Corogne est toujours très délicat. Il y a des passages de fronts assez durs mais c’est une étape obligatoire” renchérit le co-skipper.

Puis, la route sera plus directe vers la Martinique en laissant à tribord l’île de Santa Maria aux Açores.

Enfin, c’est sous le soleil des Antilles que les IMOCA termineront leur course pour arriver à Fort-de-France.

Un très bon entraînement

Pour notre skipper belge, la Route du Café constitue un bel entraînement pour la suite de la saison. Avant de pouvoir s'élancer sur une course autour du monde, sans escale et sans assistance, il faudra encore franchir quelques étapes pour finir de se qualifier.

Denis participera à la course Retour à La Base au départ de La Martinique, épreuve en solitaire et dernière course qualificative de l’année 2023.

Néanmoins avant cela, Denis et Gilles doivent se concentrer en duo sur la Transat Jacques Vabre qui a démarré très fort dans ces conditions automnales.

“Je ne redoute rien en particulier mais il faut surtout appréhender les choses et le faire avec humilité. En mer il faut être humble” explique Gilles.

Les mots de Denis

“L’objectif est de parcourir des milles pour les qualifications du Vendée Globe et de prendre du plaisir sur l’eau. Ces courses servent de préparation et nous permettent de nous exercer en termes de logistique. C'est un bon exercice pour tout le monde.

Depuis le début de l’année, nous avons retravaillé l’organisation interne et fait pas mal de modifications sur le bateau pour envisager sereinement ces courses de fin d’année.

Nous avons désormais de nouvelles voiles, un nouveau pilote automatique, de nouveaux hydrogénérateurs et nous avons renouvelé le système électronique. Tout cela a pour but de gagner en performance et en fiabilité. Nous allons plus loin dans les réglages et la finesse des possibilités.”

Les mots de Gilles

“Durant la qualification, nous avons vu que l’on s’entendait bien. Il sait bien que je ne connaîs pas son bateau comme lui donc je n’ai pas encore les automatismes. Il va me falloir quelques jours pour les acquérir.

J’espère que Denis sera libéré de la pression d'engranger des milles et de la peur d'une éventuelle casse sur son bateau. Il faut qu’il prenne confiance en moi et je vais mener son bateau comme si c’était le mien.

J’espère que nous connaîtrons de grands moments de glisse sous spi dans une énergie positive. Je veux qu’on prenne du plaisir à faire naviguer ce bateau tout en le faisant marcher le mieux possible.”