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En solitaire, mais solidaires : Denis Van Weynbergh et son IMOCA D’Ieteren Group entouré de bénévoles

Le projet D’Ieteren Group Sailing n’est pas un projet de course au large comme les autres . Tout au long de sa préparation pour le Vendée Globe 2024, Denis Van Weynbergh s’appuie sur une équipe de bénévoles. Les compétences de chacun sont mises à profit au sein du projet que ce soit dans la partie technique, logistique ou bien dans la communication.

Ton équipe est composée quasi exclusivement de bénévoles. Comment êtes-vous organisés ?

En termes de management, ce n’est pas la même chose de gérer une équipe de bénévoles que de gérer une équipe à temps plein qui travaille sur le bateau dans ton hangar. Nous faisons appel régulièrement à des sous-traitants, notamment pour les dossiers très techniques ou que nous n’avons pas le temps de gérer nous-mêmes.

En termes d’organisation, on a défini à l’unisson un ensemble de valeurs qui est le socle commun de l’équipe. Nous avons réfléchi à ce qui nous rassemble, à nos motivations communes, à nos attentes vis-à-vis d'un projet tel que celui-ci et à la manière dont nous pourrions travailler ensemble. Étant donné que nous n'avons pas de relations hiérarchiques ni de liens financiers directs, il est essentiel d'établir un cadre moral pour travailler sur la base sur ces valeurs.

On a beaucoup de décisions collégiales. Quand on est à terre, j’essaie de me mettre au maximum au service de l’équipe, cela se traduit par exemple par faire des réunions en dehors du bureau, le soir ou le week-end. J’estime que c’est à moi de respecter leur manière de travailler car ils ne sont pas libres à d’autres moments. Je ne veux pas leur imposer une réunion d’équipe à 15h en semaine, ça ne peut pas fonctionner.

Comment avez-vous réussi à fonctionner comme une équipe professionnelle de course au large malgré que tous les membres ne sont pas issus du milieu de la voile ?

Tous les membres de l’équipe ont des compétences professionnelles utiles au projet. Ils vont s'enrichir à travers l’expérience en acquérant de nouveaux savoirs faire qu'ils pourront ensuite transmettre dans leur travail. C’est totalement du gagnant-gagnant.

Il est important de souligner les sacrifices réalisés car ils jonglent au quotidien entre leur vie professionnelle la semaine et les engagements liés au bateau pendant les week-ends. Leur vie sociale est souvent reléguée au second plan, leur priorité étant entièrement concentrée sur le projet. Ils planifient même leurs vacances en fonction des échéances des courses et des préparatifs du bateau. Dans ce type de projet, il est nécessaire pour chacun de faire des concessions en vue de l'objectif ultime, qui est de participer et de terminer le Vendée Globe.

Ce qui compte derrière ça, c’est la démarche et comment on travaille. Je les avais prévenu que ces 4 années de campagne ne seraient pas un long fleuve tranquille, qu'il y aurait des moments compliqués, des moments de crise, des moments de doute. Ils ont accepté ce défi avec engagement, malgré le rythme exigeant. Ils sortent de leur zone de confort parce que derrière ça, ils ont une volonté d'accomplissement dans un projet aussi ambitieux.

En tant que skipper, ressens-tu une différence vis à vis de tes concurrents du fait de l’organisation de ton projet ?

Non, je les considère comme des professionnels dans leurs compétences et leurs connaissances. Pendant les semaines de course, nous fonctionnons comme une équipe professionnelle, avec des réunions, des listes de tâches à accomplir et des échéances à respecter. Nous avons résolu de nombreux problèmes de manière professionnelle, et à cet égard, ils excellent.